Monday, March 7, 2016

Extraction de données dans excel - 58

ation, notre marge est trop étroite.
"Si la F220 prend la route du Golfe d'Aden pour doubler la corne de l’Afrique, vous n’aurez même pas l’occasion d'intervenir. 11 tombera directement dans nos bras, et si je suis obligé de stopper sa course, je n'aurai d’autre recours que de le torpiller.
En revanche, s’ils se dirigent vers le canal de Suez, nous n’aurons jamais le temps de les rattraper avant qu’ils n’abordent la première écluse. Si nous ratons cette opportunité, croyez-moi, Vania, même pour un homme de terrain comme vous, il serait illusoire d'envisager une quelconque tentative une fois qu’il aura pénétré dans les eaux du canal."
Votre opinion n’est pas particulièrement encourageante, fit Vania sur le même ton posé, mais elle a au moins le mérite de coller à la réalité. Quelle manoeuvre comptez-vous donc adopter ?
A part les questions d'ordre purement matériel qu'il tournait et retournait dans sa tête, Arkady avait déjà conclu que la meilleure option à suivre était de déplacer son sous-marin vers le nord en longeant les côtes de l’Arabie. En restant sur place, ils n’auraient jamais une marge de temps suffisante pour intercepter le patrouilleur s’il prenait le cap vers le canal de Suez.
Arkady pointa son crayon vers un endroit précis de la carte marine et tapota dessus à plusieurs reprises.
Nous allons placer le Severodvinsk dans une route d'interception par rapport au cap éventuel que prendra la F220 en quittant Al-Lith. S'il prend la route du sud, c’est-à-dire en direction du détroit de Bab-al-Mandab, notre vitesse supérieure, même en plongée, nous permettra de prendre de l’avance et de l’attendre dans l’endroit que nous aurons choisi pour le couler à la torpille. Si, en revanche, la corvette amorce un mouvement vers le canal de Suez, nous nous trouverions dans l'impossibilité de tenter une quelconque opération combinée avant qu’il ne gagne la première écluse.
C’est vous le commandant de cette boîte à sardines, répondit Vania en relevant la tête de la carte marine.
Si nous sommes d'accord là-dessus, voilà déjà un premier point d’acquis.
Arkady marqua un silence puis, un instant plus tard, il posa une nouvelle question à son partenaire :
Racontez-moi maintenant pourquoi vous avez quitté Jizan poursuivi par une horde frénétique de musulmans qui brandissaient contre vous toutes sortes d'instruments agricoles ou domestiques. Je parie que cela risque d’être peu banal...
Vania se rembrunit un moment au souvenir du danger permanent dans lequel il avait vécu pendant des jours et des jours. Si la fin de son voyage en Arabie et au Yémen avait été pimentée par une sortie pour le moins peu discrète, il avait couru le risque à chaque instant d’être repéré par la partie adverse et de payer de sa vie sa présence en territoire hostile.
Les hommes de l'une des deux factions arabes répertoriées qui sont à l’origine de ce projet atomique m’ont découvert juste au moment où j'allais quitter le pays, commença Vania d’un air emprunté. Le surlendemain de l’explosion du dépôt de munitions, j'avais pris rendez-vous avec l'un de mes informateurs dans un café face au marché aux poissons de Jizan.
Malgré la somme conséquente que je lui avais promise, personne n'est venu. Si, quatre ou cinq individus aux allures plus qu’inquiétantes ont essayé de couvrir les issues du marché. Leur manoeuvre était trop grossière et je les ai repérés tout de suite. 11 ne me restait plus qu’à tenter de m’esquiver le plus rapidement possible.
Vous parlez de quatre ou cinq hommes... Mais vous étiez poursuivi par une véritable foule ! l'interrompit Arkady, qui ne parvenait pas à croiser son regard fuyant.
C'est au moment de quitter la place que je me suis rendu compte de mon erreur de jugement. Si le mouvement circulaire autour du marché était si manifeste, ce n’était qu'un piège astucieusement calculé.
“Pour être plus précis, ils m’avaient laissé une porte de sortie. Une seule. Je l'ai donc empruntée, puisque je n'avais pas d'autre issue, et je me suis retrouvé dans une impasse encombrée de marchandises de toutes sortes. Comme je m'en suis aperçu un moment plus tard, c’était un cul-de-sac fermé à gauche par le mur d’une mosquée. Un mur de plus de deux mètres construit avec des briques peintes à la chaux.”
Comment avez-vous fait pour vous sortir de là ?
En sautant par dessus le mur à l’aide d’un étalage de pastèques que j’ai été obligé de renverser. Je suis tombé en plein dans la cour principale de la mosquée. 11 était cinq heures de l'après-midi, l’heure de la prière, et la mosquée était bondée...
“Je me suis échappé comme j'ai pu, en écrasant quelques mains et en bousculant pas mal de monde au passage, mais la surprise a été ma meilleure alliée. Après une traversée fulgurante de la cour, j’ai gagné une pièce plus petite. Je me souviens qu’il y avait une fontaine pour les ablutions rituelles. Bien entendu, j’ai quitté la mosquée le plus vite que j’ai pu.”
J'imagine aisément le spectacle... fit Arkady en esquissant un sourire. Sans le savoir, vous aviez choisi le moyen idéal pour déclencher une émeute : fouler le sol sacré d'une mosquée chaussé avec vos godillots en interrompant la prière du vendredi !
Dehors, poursuivit Vania en se massant la nuque, les murs blanchis des maisons disposées autour de la place réfléchissaient un soleil si aveuglant que j’ai été obligé de fermer les yeux le temps de m’accoutumer. J’ai quitté la place en longeant les habitations sur une bonne centaine de mètres, puis je me suis engouffré dans la première ruelle qui descendait vers la mer.
V
“Comme je voulais mettre le maximum de distance entre les fidèles de la mosquée et moi, je marchais d'un bon pas, mais j’avais cessé de courir pour ne pas alerter inutilement les badauds. Le cri de rage qui retentit dans mon dos à une distance beaucoup trop rapprochée me fit perdre toute retenue. Attirés par les appels vindicatifs que lançaient mes poursuivants outragés, des gens commençaient à sortir de partout, hommes, femmes, enfants et vieillards. Des pierres, des bâtons, des fourches ou des couteaux avaient fleuri dans leurs mains comme par enchantement. Et cette foule hurlante, cette masse compacte et déchaînée, s’est ruée à ma poursuite, les plus forts poussant les faibles pour m’atteindre les premiers.
Pour quelqu’un qui est censé avoir l’habitude de se fondre dans le paysage, vous n’avez pas laissé que des amis à Jizan, dit Arkady avec une pointe d’ironie.
Vania continua son histoire comme s’il n’avait pas entendu la remarque.
J'ai couru de toutes mes forces en direction du port. Mon correspondant local devait m’attendre comme convenu au bout de la jetée. Heureusement, il a vu venir la foule de loin. Surtout, il l'a entendue aussi. Le moteur du canot tournait déjà quand je suis arrivé jusqu’à lui. La suite vous la connaissez déjà...
Vous avez eu beaucoup de chance, dit Arkady en hochant
la tête.
Certainement, remarqua Vania d'un ton pensif. En attendant, nous ne connaissons toujours pas la destination de cette maudite corvette. Nous sommes tous dans l’impasse.
Laissez-moi le soin de nous en sortir, dit Arkady d'une voix enjouée. Si je coince ce navire juste avant le détroit de Bab- al-Mandab je le coule, et s’il remonte vers le canal de Suez, nous le filerons au train...
Vania fixa son interlocuteur avec un demi-sourire. Arkady Voronej semblait être un homme compétent et courageux, mais c'était avant tout un officier de carrière formé, même malgré lui, à la dure école de la marine. Et dans ces conditions, “Vania’’ ne pouvait, ne devait en aucun cas tout lui dire...
Arkady se massa les tempes et ferma un instant les yeux. Il était habitué à p

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