Monday, March 7, 2016

Extraction de données dans excel - 69

rolles volcaniques en activité.
De petite taille et courtaud, le submersible, appelé Y Astragale, avait la forme d'un têtard à queue raccourcie. A Lavant, le poste de pilotage était si exigu que le tableau électronique où aboutissaient plusieurs centaines de connexions se trouvait à une dizaine de centimètres à peine de la tête du pilote.
Pour accéder à sa place. O'Donnel avait été obligé d’exécuter une série de mouvements patiemment étudiés. D'abord.
il devait faufiler sa jambe gauche entre le siège et la carlingue. Le pied venait s’encastrer sur le pédalier servant à corriger l'assiette. Ensuite, le pied droit suivi du bassin passait par dessus le siège dont le dossier était rabattu, en évitant avec soin le panneau de contrôle. Le pied venait buter sur la pédale commandant les hydrojets. La force de gravité aidant, le pilote devait se laisser tomber sur le siège ayant au préalable relevé le dossier avec la main droite, car de la gauche, il était obligé de se tenir à la poignée située au plafond afin de conserver l'équilibre. O'Donnel exécuta cette manoeuvre avec l'aisance et la synchronisation dues à une longue habitude.
Derrière le poste de pilotage. Y Astragale disposait de deux sièges, situés dos à dos face aux hublots latéraux, juste sous l'écoutille d'accès. Dans la partie inférieure, située dans le ventre de ce têtard difforme, se trouvaient deux compartiments auxquels on accédait par une courte échelle métallique. Le premier était une soute aux dimensions réduites avec un banc et un râtelier où étaient suspendues trois tenues de plongée, avec bouteilles d'air comprimé, masques et palmes. Le compartiment annexe était un sas étanche, ce qui permettait aux passagers d'effectuer des missions à l'extérieur. Le sas était si petit qu'on était obligé de s'y accroupir en position foetale.
Des ampoules à faible tension baignaient Y Astragale d'une lumière vert pâle, laissant des zones d'ombre dans les recoins. Quand les yeux s’habituaient à cette clarté parcimonieuse, la visibilité extérieure s'en trouvait nettement améliorée.
Y'Astragale filait six noeuds à quelques mètres du fond sous-marin. L’hydro-jet situé à l'arrière était orientable, ce qui conférait au submersible une grande maniabilité. A l'avant et au dessus du poste de pilotage, un projecteur articulé et couplé à une caméra transmettait sur les deux écrans de contrôle une vision périphérique de leur environnement immédiat.
Dans le premier écran, à l'instar d'un récepteur de télévision, la caméra donnait une image en couleurs dont la netteté dépendait pour beaucoup de la transparence de l'eau. Dans le second, l'image était synthétisée, modifiée et corrigée par l'ordinateur qui traitait les informations transmises par le sonar actif. Une bonne dizaine de kilomètres du relief sous-marin se découpait sur l'écran en trois dimensions.
O'Donnel avait placé à dessein Liam sur le siège bâbord, où se trouvait l'écran tridimensionnel. Irbit jouait le rôle d'observateur, ce qui lui convenait parfaitement, car son regard était captivé par le paysage extraordinaire qui défilait sur l’écran.
Skinny corrigea le cap avec son palonnier et Y Astragale orienta sa course perpendiculairement à la côte. Sur le moniteur de Liam. en bas et à droite de l'image tridimensionnelle, un affichage alphanumérique donnait à chaque instant la distance qui les séparait de la terre ferme. Quand Liam regarda à nouveau, il constata qu'ils se trouvaient déjà à moins de six cent mètres de la falaise côtière.
Jetez un coup d'oeil à votre écran, Liam, fit le pilote qui venait de réduire la vitesse de Y Astragale à trois noeuds. Dites- moi ce que vous voyez.
L'Irlandais constata que, dans son moniteur, la falaise côtière formait une coupure très nette avec la plateforme continentale.
Je distingue assez bien la terre ferme, dit calmement l'archéologue. Nous sommes à cinq cent soixante mètres.
Parfait, approuva le pilote, visiblement satisfait. Vous allez manoeuvrer le levier situé en bas de votre écran, vous ne pouvez pas vous tromper. Il est enrobé de caoutchouc... Vous l'avez trouvé ?
Oui. je l'ai, répondit Liam en saisissant la commande entre le pouce et l'index.
Ce levier sert à orienter l’inclinaison du sonar vers le haut, le bas, la droite et la gauche. Sa fonction est la même que celle d'une manette dans les jeux vidéo. Vous y êtes ? Allons-y ! Tirez- la très doucement vers le bas, avec délicatesse, compris ?
Liam exécuta le mouvement, et la majeure partie de la falaise côtière disparut de l'écran. Elle fut remplacée par une vue tridimensionnelle du fond sous-marin beaucoup plus détaillée qu'auparavant.
Avez-vous le fond sur l'écran ? La voix du pilote s’était élevée d'un ton.
Je l’ai net et clair, confirma Liam.
Alors ne touchez plus à rien ! ordonna O'Donnel. Comment est le fond ?
Liam analysa les données de son moniteur et constata que l’uniformité du sol n'était qu'apparente. A une centaine de mètres de Y Astragale, le sol était jonché de concrétions rocheuses d'un aspect chaotique.
Je crois que nous sommes près d'un éboulement, répondit Liam, qui avait marqué une hésitation.
Ok, c’est bon. Vous avez un bouton noir à droite de votre écran. Le mot "zoom” est gravé dessus. Pressez-le. Nous allons étudier cet “éboulement” de plus près.
Quand Liam appuya sur le zoom, l’écran se remplit d'un amalgame disparate de formes et de volumes.
Je ne vois qu'un fouillis inextricable, s’exclama-t-il.
Détendez-vous, Liam. ne soyez pas si pressé. Il faut laisser le temps à l'ordinateur de traiter convenablement les données. Le résultat s'affichera sur votre écran dans quelques secondes.
Le pilote modifia imperceptiblement le cap de Y Astragale de façon à venir droit sur les formations rocheuses. Comme il l’avait prédit, l'image se figea sur le moniteur un instant plus tard.
Sainte Mère de Dieu ! cria Liam, essayant de dominer son enthousiasme.
Skinny répondit à l'exclamation de l’archéologue par un éclat de rire. Irbit, surprise elle aussi, se retourna et s’assit à califourchon sur son siège pour pouvoir regarder par dessus l’épaule de son compagnon.
La voix du pilote retentit dans l'habitacle avec un accent triomphant.
Assez étonnant, n’est-ce pas ? Est-ce que vous avez une idée de ce que vous avez sous les yeux ?
La réponse de Liam ne vint pas tout de suite. Son index parcourait les formes rectilignes apparues sur l’écran, suivant leur contour, comme s’il avait voulu vérifier l’énormité de sa découverte par le toucher.
On n'a pas besoin d’avoir fait de longues études d'archéologie pour comprendre ça ! finit-il par dire en retrouvant sa voix pondérée. L'image tridimensionnelle est extraordinairement claire.
Effectivement, le fond sous-marin apparaissait jonché d'un vaste nombre d'éléments architecturaux, certains debout, d'autres couchés, dont la régularité de forme dénotait une origine incontestablement humaine.
Maintenant, appuyez sur le bouton marqué “couplage". 11 est à gauche de l’écran. En l’activant, le téléobjectif de notre caméra prendra le relais. Vous pourrez passer à loisir de l’image en temps réel à celle traitée par l’ordinateur pour comparer les formes et tester vos conclusions. Je vais manoeuvrer le projecteur pour mieux vous éclairer cette portion de terrain.
Quand Liam exécuta cette opération, l'image du moniteur confirma ses conclusions précédentes. Il fut contraint de s’avouer que Y Astragale s'approchait lentement de ce qui avait dû être dans un lointain passé une cité prospère.
Est-ce que je peux manoeuvrer le levier d’orientation de la caméra ? demanda Liam. Je voudrais élargir son champ.
Il est à vous, Liam. Allez-y comme vous l’entendez, r

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